Par Romain BERTHO, gérant de l’épicerie italienne LA TOUR DE PISE
Vous ouvrez la carte d’une trattoria en Italie : antipasti, primi, secondi, contorni, dolci. Faut-il vraiment commander tout ça ?
Non. Ces catégories donnent un ordre au repas, elles n’imposent pas d’enchaîner six assiettes. La tradition reste pourtant bien présente : en 2024, 63,3 % des Italiens de 3 ans et plus considéraient encore le déjeuner comme leur repas principal.
Dans notre épicerie italienne, je retrouve parfois cette différence culturelle dans une question toute simple : « Quelles pâtes servir avec cette viande ? » En France, l’association paraît naturelle. Dans la logique italienne traditionnelle, pâtes et viande n’occupent tout simplement pas le même moment du repas.
Alors, dans quel ordre mange-t-on ? Et comment s’en inspirer chez soi sans passer l’après-midi à table ?
L’ordre traditionnel est aperitivo, antipasto, primo, secondo accompagné d’un contorno, puis dolce, café et éventuellement digestif. Cette succession décrit la version complète du repas italien. Dans la vie courante, plusieurs de ces étapes peuvent disparaître.
| Ordre | Étape | Ce qu’on peut y servir |
|---|---|---|
| Avant | Aperitivo | Boisson, olives, petites bouchées |
| 1 | Antipasto | Charcuterie, légumes, bruschette, fruits de mer |
| 2 | Primo | Pâtes, risotto, gnocchi, soupe |
| 3 | Secondo | Viande, poisson, œufs |
| Avec le secondo | Contorno | Légumes, salade, pommes de terre |
| 4 | Dolce | Tiramisù, panna cotta, pâtisserie |
| Fin | Caffè, éventuellement digestivo | Espresso, amaro, grappa |
Je préfère voir cette succession comme la grammaire du repas italien plutôt que comme un menu à suivre à la lettre.
L’aperitivo, d’abord, se déroule avant le repas. On boit un verre, accompagné éventuellement de quelques bouchées. L’antipasto ouvre, lui, le repas à table.
Puis viennent primo et secondo. Et c’est souvent ici que nos repères français nous jouent un tour.
>>> Je vous laisse découvrir nos pâtes italiennes si vous voulez commencer votre repas autour d’un primo
Dans la structure traditionnelle italienne, les pâtes appartiennent aux primi piatti : elles sont servies avant le secondo, généralement consacré à la viande ou au poisson. Le contorno remplit, lui, la fonction d’accompagnement du secondo, avec par exemple des légumes, une salade ou des pommes de terre.
Imaginons un client qui entre dans notre épicerie avec une belle pièce de veau et nous demande quelles pâtes servir à côté.
La question est parfaitement logique avec une lecture française du repas. Si je veux construire un repas selon la logique italienne, en revanche, je vais déplacer les pâtes : un risotto, des gnocchi, une soupe ou un plat de pasta formera le primo. Le veau arrivera ensuite en secondo, avec son contorno.
Voilà pourquoi les traductions trop rapides peuvent induire en erreur. Le primo n’est pas exactement une entrée française, pas plus que le secondo ne correspond systématiquement à notre conception du « plat principal ».
Ce sont deux temps successifs.
Et le primo peut prendre des formes très différentes : pasta, risotto, gnocchi, polenta, soupes… Il n’existe évidemment pas une cuisine identique de Milan à Palerme. Les produits, recettes et habitudes changent avec les régions, les familles et les saisons.
Non. Les rubriques d’une carte italienne permettent surtout de construire son repas. On peut choisir seulement un primo, préférer un secondo avec son contorno ou suivre une séquence plus longue pour une occasion particulière.
L’image du repas italien interminable résiste pourtant assez bien.
Les habitudes contemporaines sont plus nuancées. D’après les données 2024 de l’ISTAT, 71,5 % des Italiens déjeunent habituellement chez eux les jours non fériés. Cette proportion atteint 81,7 % dans le Mezzogiorno, contre 64,5 % dans le Nord-Ouest.
Ces chiffres ne disent pas que chacun mange antipasto, primo et secondo tous les midis. Ils montrent plutôt que le déjeuner conserve une place importante, avec de vraies différences territoriales.
Dans la pratique, un déjeuner courant peut se limiter à un primo. Quelqu’un qui préfère viande ou poisson peut choisir un secondo avec un contorno. Le dimanche, les fêtes et les grands repas familiaux se prêtent davantage aux longues successions.
Au restaurant, gardez surtout un œil sur la rubrique contorni. L’accompagnement peut être commandé séparément du secondo. Une viande servie seule dans l’assiette n’est donc pas nécessairement un oubli.
Pour composer un repas italien chez soi, mieux vaut respecter la logique des étapes que chercher à toutes les reproduire. Chez La Tour de Pise, je préfère raisonner autour d’un plat pivot : on choisit ce que l’on veut vraiment mettre en valeur, puis on construit le reste du repas autour.
Vous avez trouvé d’excellentes pâtes et une sauce qui mérite le premier rôle ? Faites-en votre primo et simplifiez le reste.
Vous avez plutôt envie de mettre une belle viande ou un poisson au centre de la table ? Le secondo devient le pivot, accompagné de son contorno. Quelques antipasti peuvent suffire avant.
Et si l’occasion elle-même justifie un grand repas, alors la séquence peut s’allonger.
| Situation | Une composition cohérente |
|---|---|
| Dîner simple autour d’un primo | Antipasto léger → primo → fruit ou dolce |
| Repas autour d’une viande ou d’un poisson | Antipasto → secondo + contorno → dolce |
| Déjeuner du dimanche | Antipasto → primo → secondo + contorno → dolce → caffè |
Cette règle du plat pivot évite surtout une erreur : ajouter des plats uniquement parce que la tradition leur a donné un nom.
Respecter un repas italien, ce n’est pas tout servir. C’est servir chaque chose à la bonne place.
L’aperitivo précède le repas, l’antipasto l’ouvre à table, le primo accueille notamment pâtes, risotti et gnocchi, tandis que le secondo est généralement centré sur viande ou poisson et accompagné d’un contorno. Le dolce, puis le café, ferment la séquence.
La distinction entre aperitivo et antipasto mérite d’être retenue. Le premier est un moment social avant le repas ; le second est déjà un plat de celui-ci.
Une fois cette logique comprise, une carte italienne devient beaucoup plus facile à lire. Et, à la maison, on arrête de chercher à cocher toutes les cases : on choisit d’abord ce que l’on veut faire goûter, puis on lui donne la bonne place.
Quelle différence entre antipasto et aperitivo ?
L’aperitivo précède le repas, généralement autour d’une boisson et de quelques bouchées. L’antipasto constitue la première étape du repas à table.
Les pâtes sont-elles une entrée en Italie ?
Pas exactement. Les pâtes appartiennent généralement aux primi piatti. Traduire primo par « entrée » est trompeur, car un plat de pâtes ou un risotto n’occupe pas tout à fait la même fonction qu’une entrée française.
Le contorno est-il compris avec le secondo ?
Pas toujours. Sur une carte italienne, les contorni peuvent apparaître dans une rubrique séparée. Il faut donc vérifier si légumes, salade ou pommes de terre accompagnent déjà le secondo choisi.
Est-il mal vu de commander seulement un primo ?
Non. Les différentes catégories indiquent la structure dans laquelle les plats prennent place, pas l’obligation de toutes les commander.
Dans quel ordre servir un repas italien à la maison ?
Pour la séquence complète : antipasto → primo → secondo + contorno → dolce → caffè. Pour un repas courant, choisissez plutôt votre plat pivot, puis conservez seulement les étapes qui ont du sens autour.
Rédigé par l’agence Fair | Validé par le gérant Romain BERTHO
Date de publication : 30 septembre 2026